jeudi 17 juin 2010

Un week end au paradis : 高野山

Kôya-san : Partie 2

Nous avons ensuite visité le cimetière d'Okuno-In : 奥之院 qui est bien plus qu'un cimetière mais l'ayant visité également le lendemain je préfère vous raconter cela par la suite...(ouuhhh suspens, reprenez un peu de pop-corn). Bon tout ça pour dire que les yeux humides d'émotions, ignorant les plaintes répétées de nos jambes, on en a oublié le déjeuner ce que c'est empressé de nous rappeler nos estomacs, étrangement plus convaincants que les jambes : Ah tiens il est 16h00 passé et on n'a toujours pas déjeuné....Du coup on s'est installé dans un des rares restaurants de la rue principale, et ils avaient plus ce qu'on voulait (katsu carry : du porc frit avec un curry japonais ('tention, rien à voir avec le curry indien pauvres fous). On aurait bien aimé se reposer mais la petite fille de 3 ans des propriétaires du restaurant tenait à nous faire part de tout ce qui lui passait par les pauvres neurones de son cerveau en développement. Pour le développement de ses cordes vocales, je puis affirmer que de ce côté là, elles fonctionnent à merveille....(oui je suis encore véner un mois après). Bon j'exagère, elle était très choupette (mais pas le temps d'un repas).

Ensuite, vu que tout ferme vers les 5h à la campagne (rien à voir avec les grandes villes) bah on se dirige vers notre temple, où on nous accueille, un jeune moine (jeune = boutons et moustache naissante) nous conduit à notre chambre : Iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii on a un kotatsu !!!!! (炬燵). Pour ceux qui ne sortent pas le dimanche, un kotatsu est une table basse, sur la quelle on pose une sorte de couette prise en sandwich sous le plateau de la table. On glisse donc ses jambes ou plus sous la "couette" en s'asseyant à la table. Mais ce n'est pas tout ! Une résistance sous le plateau chauffe l'air sous la couette. Le kotatsu c'est le refuge de chaque japonais en hiver, lorsqu'il rentre et qu'il partage avec sa famille, la chaleur d'un kotatsu. C'est convivial, et si on a des coussins autour, on peut dormir en dessous (attention aux différences de température tout de même). Pour citer un grand penseur de notre époque, si a 50 ans t'as pas un kotatsu, t'as raté ta vie. Je tiens à rappeler que même si on est en mai, on est avant tout en altitude et que les fenêtres sont en papier de riz. Donc le kotatsu a prouvé son utilité.

La chambre est grande, dépourvue de décoration superflue, dans le style traditionnel du 旅館 (ryokan) c'est à dire l'auberge japonaise. Le moine nous demande si cela nous convient d'avoir notre dîner à 18h00....(ouais mais on sort de table nous), on nous a dit que c'était possible de l'avoir jusqu'à 20h00 mais lorsque l'on demande 19h00 le moine nous sorti le "oui mais...."
qui voulait dire "allez crever" le plus au monde....résultat : dîner à 18h00 T_T
Ce fut pénible de tout avaler, vraiment.....Mais c'était délicieux et surprenant. Par contre j'ai pas touché à un grain de riz...quel gâchis...Lors du repas, il vous est servi dans une pièce tatamis, réservée à votre usage. Intime : oui et non car les murs sont fins. Tout ce que l'on dit peut être entendu et surtout vous entendez vos voisins. Typique.


Je précise que c'est douche et bain communs, c'est normal et courant au japon mais on l'a utilisé au dernier moment et on a vu personne. Fourbu, tanné par le soleil, j'ai profité du futon (qui fut installé pendant notre repas) et sombré dans le sommeil du juste.

Pour les photos d'abord un peu de vrac (un temple zen, très paisible) :








Des photos du temple où l'on a dormi :

Ce petit passage se trouve à l'intérieur même de la partie auberge, à l'intérieur du bâtiment !! Vraiment beau.





Héhé vla notre Kotatsu : Ca gère.

Ah et je dois aussi préciser une chose : on s'est levé à 6h30 pour assister à l'office du matin : résultat : tête dans le cul + chants bouddhiques + encens : vraiment étrange réveil....Le moine officiant finit par un laïus sur la situation actuelle à Kôya-cho et nous remet une amulette. Le moine est vraiment gentil, il dégage une réelle bonté et on ressent une sympathie à notre égard, moi je dis que le petit jeune a encore beaucoup à apprendre...


Soupe de nouilles froides

Légumes et tofus marinés algues, autres algues, aubergine sauce moutarde, fraises
Tsukemono (légumes marinés au vinaigre), des haricots, sucré, des tempuras de légumes (petite portion de sel au macha) et en haut à gauche, du tofu au sésame (wasabi + sauce soja) ! Le meilleur tôfu que j'ai mangé, j'en acheté dans une boutique avant de partir. Avec le recul, je pense que c'est meilleur avec un coulis sucré (fruits rouges, mangue) en dessert. On appelle ça le gomatôfu (goma signifie sésame en japonais, 胡麻豆腐).

Riz et thé (c'est la base d'un repas)
Vue d'ensemble.

Voici à quoi je ressemble après le repas :


Achevé par ce dîner.

Allez je vous remets un peu de vrac :















Fou rire nerveux à chaque passage devant la statue.....PEDO WIN !!!!

On se déchausse avant d'entrer dans les temples.



La suite dans le prochain article !


samedi 12 juin 2010

Un week end au paradis : 高野山

Kôya-san Partie 1

Le mont Kôya est la seconde montagne sacrée au Japon (après le Mont Fuji) pour la simple et bonne raison que l'une des plus puissante secte ésotérique bouddhiste, la secte Shingon 真言 y a été "fondée" en 816 par le moine 空海 Kûkai appelé après sa mort Kobo Daishi, le grand instructeur de la loi. Ce plateau montagneux de la préfecture de Wakayama 和歌山県 abrite une petite ville de 3000 habitants dont 700 sont moines et il ya près de 123 temples. La particularité supplémentaire et non des moindres de cette ville est Shukubô 宿望 : Les temples ont des auberges et vous logent ! Le voyageur peut s'y arrêter et participer au culte du temple qui l'héberge. Vous pouvez aussi profiter de la nourriture végétarienne des moines. Je brûle un peu les étapes en vous disant dès maintenant que j'y ai passé un week end totalement déconnecté du réel, et l'on se laisse aisément guider vers plus de spiritualité, l'esprit embrumé par les volutes d'encens et le chant diphonique. J'aurais les moyens, j'y passerais chacun de mes week-end (faut tout de même débourser au minimum dans les 80 euros pour la nuit (diner et petit-déjeuner inclus) ça peut aller jusqu'à 120 euros (c'est plus lié à la prestation du repas plus qu'à la chambre en elle même).

Quelques mots sur le bouddhisme ésotérique pour ceux qui ne sont pas allés aux cours de Civilisation de Mr. Joseph Kyburz du Collège de France (ahhh Monsieur Kyburz....) : Si la secte Shingon (parole véritable) a eu autant de succès au Japon, c'est qu'elle permet par une pratique de la méditation, le chant des mantras d'accéder dans la vie actuelle au Nirvana. Autrement dit, le Nirvana est accessible à tous.
Aujourd'hui encore le mont Kôya est un lieu important de pèlerinage et de recueillement. Mais victime de son succès, le lieu est parfois bondé de tourismes (Japonais et étrangers). Les habitants de la petite ville se battent contre le projet de construction d'un grand axe pour les voitures. J'espère que ce projet ne verra le jour afin que ce site du patrimoine mondial de l'Unesco demeure isolé.

Pour se rendre là bas, on doit bien compter dans les 3 heures à partir d'Osaka. Après train en vallée, on prend un petit train à travers la montagne ( avec des hoooooo et des ahhhhhh plein la tête mais bon il était 8h du mat, trop la flemme de prendre plein de photos)...

On se rend alors au sommet par téléphérique (qui vous parle en Français ! Ceci dit accent oblige j'ai bien mieux compris le message en anglais !). Quelques minutes de bus plus tard, vous voici au centre de Kôya-cho, la ville. C'est petit, paisible. Après l'affairement de la ville, ça fait un bien fou. Après être passé au centre de tourisme pour prendre des cartes, et réserver directement l'auberge le jour même la nuit à l'auberge (on demande le plus calme, petit et sans le côté "hôtel" qu'ont certains temples.) On s'installe dans un café, avec ce charme dingue des petits café de campagne, paisibles. Et là j'hallucine, je m'aperçois qu'ils font le café à l'aide d'un système de ballons et de "bûchner"....Enfin le mieux c'est de regarder les photos, j'ai demandé la permission de prendre le fameux appareil, qui me fait furieusement penser à la chimie (NON SANS DECONNER) :






Petit déj englouti, on se dirige vers notre petit temple, le Hôonin 報恩院. Accueillis par un moine, on se déleste du superflu et on se décide de visiter les principaux sites. Voici ce qu'on a vu









L'un des sites connus de Kôya san est Daimon 大門 : littéralement la Grande Porte. Elle symbolise l'entrée sur la ville. Elle est gardée par deux dieux menaçants comme la 雷門 a Tokyo (oui ça vous fait une belle jambe de savoir ça).





Ensuite on a trouvé un ptit coin totalement perdu et isole, beaucoup de charme.







On a ensuite visité le Kongôbu 金剛峯寺, complexe de temples, siège de la secte pour le Japon.







Ce groupe s'est arrêté devant chaque "bâtiment" pour prier. Je n'ai pas réussi à savoir dans quel but et de quel type de groupe il s'agissait.

Ensuite un peu vrac :